Antilivre

(antilivres disponibles au travers d’une littérature git)

L’antilivre, c’est une affirmation de la littérature, de sa circulation joyeuse, contre l’époque, contre le livre, sa chaîne, ses ronronnements, pour le futur, pour l’information réticulaire, pour un lecteur pluriel éclairé par celle-ci. L’antilivre cisaille les lenteurs industrielles du siècle, il façonne des idées d’après-demain à force de recomposer le passé. Ici, rien ne se tisse, rien ne stagne, le texte trouve une texture encore inconnue en ce qui le survolte, et d’électricité le verbe fabrique des structures nouvelles. Direction silicium, l’antilivre se veut court-circuit de la grammaire du livre pour offrir en partage l’abrupt.

Mais quelle forme pour l’antilivre ? Toutes les formes pour ce qui se transforme sans cesse, l’information brute, l’essence de l’antilivre, ne trouve sa mesure que dans la potentialité créatrice de la multitude. Le sens du mot ne se cloisonne plus. Son immatérialité invite quiconque à penser l’espace potentiel qu’occupe l’information en tant que matière. Imprimer, découper, agrafer, plier, admirer, brûler, recommencer. Le faire soi-même. Le partager. Différemment. L’information par le réseau se fait ubiquité, et exhorte à la production libre. Que ça bariole et que ça diapre alors, l’antilivre peut se métamorphoser. Il propose et se propage autour d’un état temporaire de la littérature qui repousse continuellement ses frontières. Voilà la raison qui rêve et qui hurle à travers cette idée, et l’antilivre son support prend bonne note.

Pour sa technicité, et pour l’instant, l’antilivre expose sa littérature git en un format de document portable (le fameux PDF). Mais l’information demeure brute, et ce format commun n’en est qu’une expression. Cette diffusion numérique du texte est rendue possible grâce à une gestion de versions décentralisée, pour que le texte lui-même bifurque et se modifie sans limites. Le texte s’organise ainsi horizontalement, il est apte à s’altérer au cours de ses échanges, et dans la fluidité du réseau, sa dimension numérique fait de la lecture un acte créatif.

Microantilivre

Il s’agit de la version clandestine de l’antilivre, sa version brute et punk, celle qui hurle DIY et s’imprime à la va-vite, à la volée des bureaux et des ennuis, en une page, son recto puis son verso, deux pliages, deux agrafes, un coup de ciseaux, et voilà le verbe qui se pirate, et voilà l’antilivre qui se propose, la microscopie de son évasion qui porte le rêve, irise le quotidien d’un peu d’obscur.

Nos microantilivres attendent de pouvoir subvertir leur réification.

Pliage du microantilivre